Premier dimanche de l’Avent
“Va, et fais de même.” (Luc 10.37)
L’Avent s’ouvre devant nous comme un chemin. Un chemin qui descend parfois, comme celui de Jérusalem à Jéricho. Un chemin où l’on rencontre des vies blessées, des personnes oubliées, des visages que l’on préfère parfois contourner. Un chemin où Dieu vient nous surprendre.
Dans la parabole du Bon Samaritain, Jésus renverse nos catégories religieuses et culturelles. Le prêtre et le lévite — des hommes de foi, des hommes du Temple — voient le blessé mais passent à distance. Le Samaritain, considéré comme étranger,impur, s’arrête, se penche, touche, soigne. Il incarne la compassion concrète, celle qui coûte, celle qui déstabilise.
En ce temps de l’Avent, nous célébrons précisément cela: le Dieu qui ne passe pas à distance.
Dieu aurait pu regarder notre monde blessé, meurtri par le péché, la violence, la fatigue et l’indifférence… et continuer sa route. Mais non : Il s’est approché, Il a choisi de venir, Il a pris chair, Il a habité parmi nous. Noël, c’est l’histoire du Samaritain divin — Dieu qui se penche sur l’humanité.
Le Christ naît dans une étable, pauvre parmi les pauvres, étranger dans son propre pays, accueilli par des bergers et bientôt menacé par un roi. Il se fait notre prochain. Il prend soin de nous, Il nous porte, Il paie le prix et il nous guérit.
Ainsi, l’Avent n’est pas seulement une saison de contemplation ; c’est une saison de mission. Un appel à devenir, nous aussi, des porteurs de lumière et de compassion. À ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure. À briser les murs qui séparent les peuples, les catégories, les générations. À aimer non pas seulement ceux qui nous ressemblent, mais ceux que Dieu place sur notre route.
Un disciple ne peut pas se replier sur sa culture, son confort ou ses certitudes. L’Église est appelée à refléter le Royaume : un Royaume où toutes les nations sont invitées, un Royaume où l’amour traverse les frontières. Le Bon Samaritain n’est pas seulement une belle histoire : c’est un chemin de transformation.
En ce premier dimanche de l’Avent, prions que Dieu ouvre nos yeux, adoucisse nos cœurs et guide nos pas.
Que la lumière de Noël nous apprenne à aimer comme Lui.Et que sa parole résonne encore :
“Va, et fais de même.