La semaine dernière, nous avons été invités à lever les yeux au-delà de l’immédiat pour contempler une réalité éternelle qui façonne déjà notre présent : la nature de Christ… et la nôtre en lui. En contemplant Jésus, vrai Dieu et vrai homme (1 Timothée 3.16 ; Jean 1.1), nous avons touché au cœur même de notre appel chrétien : vivre la sanctification comme une transformation progressive vers la ressemblance du Fils.
La sanctification n’est ni une option spirituelle ni un idéal réservé à quelques croyants « d’élite ». Elle est l’œuvre même de Dieu en nous, rendue possible parce que Jésus a assumé pleinement notre humanité sans jamais cesser d’être Dieu (Hébreux 2.14 ; Colossiens 2.9). En Christ, deux natures coexistent sans confusion. Et c’est précisément ce mystère qui éclaire notre propre chemin : nous demeurons pleinement humains, mais nous sommes appelés à laisser la nature de Christ grandir en nous.
La Bible nous rappelle que nous avons été faits participants de la nature divine (2 Pierre 1.4). Cela ne signifie pas que nous devenons Dieu, mais que, par l’Esprit, nous sommes rendus capables de refléter son caractère. La sanctification est ce processus par lequel notre vie est alignée avec ce que nous sommes déjà en Christ. Il y a un « déjà-là » — nous sommes enfants de Dieu (1 Jean 3.2) — et un « pas-encore » — nous sommes en devenir, transformés de gloire en gloire (2 Corinthiens 3.18).
Il est essentiel de ne pas confondre sanctification et perfectionnisme. Le perfectionnisme écrase, culpabilise et isole. La sanctification, elle, libère, fait grandir et construit. Être « parfait » au sens biblique ne signifie pas être sans défaut, mais être complet, achevé, entier (Jacques 1.4). C’est une marche patiente, souvent marquée par des combats, des renoncements et des ajustements, mais toujours soutenue par la grâce (2 Corinthiens 4.16).
Cette transformation ne se vit jamais seul. Dieu nous sanctifie au sein de son Église, son corps vivant. Nous avons besoin les uns des autres pour être rendus complets (Éphésiens 4.13). Les relations, parfois exigeantes, sont un terrain privilégié de sanctification : apprendre à pardonner, à supporter, à aimer comme Christ nous a aimés (Colossiens 3.12-14).
En cette année où la sanctification est au cœur de notre vision, laissons résonner cet appel : ne pas nous conformer au monde présent, mais être renouvelés dans notre intelligence (Romains 12.2). Demandons au Seigneur que sa nature prenne de plus en plus de place en nous, afin que notre humanité soit transformée, non pas supprimée, mais transfigurée.
Marchons avec espérance. Ce que Dieu a commencé, il l’achèvera (Philippiens 1.6). Et alors, ensemble, nous serons prêts — pour son retour ou pour régner avec lui (2 Timothée 2.12 ; Apocalypse 3.21) — comme une Église sanctifiée, entière, et passionnément tournée vers sa gloire.
Philip Alcock