En cette période de l’Avent, nous allumons des bougies. Un simple geste… mais un geste profondément symbolique. Car dans la Bible, la lumière n’est jamais anodine, elle fait partie de l’identité même de Dieu. Dès les premières lignes de la Genèse, avant même que le soleil ne brille ou que la vie n’apparaisse, Dieu parle et déclare : « Que la lumière soit ! » (Gen 1v3). Et cette lumière devient la première réponse divine au chaos. La lumière n’est pas seulement un élément du décor : elle est la condition de la vie, le début de toute création, ce qui permet à l’existence de prendre forme.
De la même manière, dans nos propres vies, rien ne peut naître ou grandir sans lumière. La création nous le rappelle d’ailleurs : comme les plantes ont besoin de lumière pour vivre, nous avons besoin de la lumière de Dieu pour respirer spirituellement. Sans elle, tout se fige. Avec elle, tout s’éclaire, tout s’ordonne, tout renaît.
L’Avent vient nous rappeler que Dieu est lumière. Jean l’affirme : « Dieu est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui » (1 Jn 1v5), et Jésus lui-même déclare : « Je suis la lumière du monde » (Jn 8v12). Cela signifie que la lumière n’est pas une humeur divine, ni une présence intermittente selon nos performances spirituelles. La lumière est Sa nature, Son identité éternelle. Elle ne dépend pas de nos saisons, ni de notre moral, ni de nos succès ou de nos épreuves.
Et pourtant… Il nous arrive parfois de croire que la lumière a disparu, que Dieu est silencieux, éloigné, éteint. Comme les disciples d’Emmaüs, nos yeux peuvent être empêchés de reconnaître Celui qui pourtant marche avec nous. La douleur brouille la vision, les épreuves projettent de grandes ombres, et nous ne voyons qu’un ciel couvert. Mais l’ombre, justement, n’existe qu’en présence d’une lumière proche. Même quand tout semble éteint, la lumière persiste.
L’Avent nous rappelle que Dieu n’est jamais absent dans la nuit. Dans les Écritures, la lumière éclaire, chasse les ténèbres, et réchauffe. Elle révèle ce qu’on ne voyait pas, elle repousse ce qui oppresse, elle ranime ce qui s’est refroidi en nous. C’est ce que Christ vient faire en entrant dans notre histoire : apporter une lumière que rien ne peut étouffer.
Et voici la bonne nouvelle : cette lumière devient aussi notre héritage. Jésus dit : « Vous êtes la lumière du monde » (Matt 5v14). L’Avent nous invite donc à accueillir la lumière… mais aussi à la refléter. Là où Dieu nous place, nous pouvons éclairer, réchauffer, encourager, relever.
En avançant vers Noël, souvenons-nous : la lumière de Dieu ne s’éteint jamais. Elle brille, même derrière les nuages. Elle avance, même dans nos nuits. Elle persiste, et elle nous transforme.
Que cette lumière vous accompagne et vous remplisse en cette belle saison de l’Avent.
Résumé d’un message de Ludwig Tardif