Le dimanche 8 février, avec le message de Robert sur le deuil, nous avons été ramenés à une vérité que nous préférons parfois éviter : la vie est fragile. Elle peut basculer en un instant. Perte, incompréhension, souffrance… rien n’épargne le croyant. Mais au cœur même de ces saisons difficiles, une question essentielle se pose : qu’allons-nous faire de l’épreuve ? C’est ici qu’entre en jeu une clé déterminante pour notre vie : la persévérance.

La persévérance n’est pas spectaculaire. Elle ne fait pas de bruit. Elle ne se voit pas toujours. Pourtant, elle fait toute la différence. Ce n’est pas l’absence de tempête qui construit une vie solide, mais la capacité à rester debout quand le vent souffle.

Dans le Livre de Job (Job 1–2 ; 42:12), nous découvrons un homme intègre, respecté, prospère… puis soudainement brisé. Il perd ses biens, ses enfants, sa santé. Il ne comprend pas. Il questionne. Mais il ne renonce pas à Dieu : « L’Éternel a donné, l’Éternel a repris ; que le nom de l’Éternel soit béni » (Job 1:21). Même lorsqu’il vacille intérieurement (Job 30), il maintient que Dieu reste souverain. Et à la fin, Dieu le restaure. Sa persévérance devient un chemin de maturité.

Avec Jésus-Christ, la persévérance atteint son sommet. Conduit au désert « pour être tenté » (Matthieu 4:1), il résiste en s’appuyant sur la Parole : « L’homme ne vivra pas de pain seulement… » (Matthieu 4:4). Incompris par les siens (Marc 3:21), abandonné par certains disciples (Jean 6:66), il avance pourtant jusqu’à la croix. Dans l’angoisse, il choisit l’obéissance (Luc 22:42) et, au cœur de la souffrance, il prononce : « Père, pardonne-leur » (Luc 23:34). La résurrection proclame que persévérer dans la volonté de Dieu conduit à la vie.

Puis il y a Paul de Tarse. Dès son appel, il est averti qu’il souffrira pour le nom de Christ (Actes 9:16). Il évoque lui-même ses épreuves : coups, naufrages, dangers constants (2 Corinthiens 11:24-27). Pourtant il continue, car il a appris cette vérité : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12:9). Sa force ne vient pas de lui-même mais de Celui qui le fortifie (Philippiens 4:13). Et au terme de sa course, il peut dire : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Timothée 4:7).

La persévérance nous concerne tous. Elle exige l’humilité : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (Jacques 4:6). Elle demande de fixer les regards sur Jésus (Hébreux 12:1-2). Elle se nourrit de la communion avec Christ : « Celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit » (Jean 15:5). Elle triomphe de la peur : « Ne crains pas, crois seulement » (Marc 5:36). Elle trouve le repos en Lui (Matthieu 11:28) et s’appuie sur sa présence constante (Matthieu 28:20).

La promesse est claire : « La détresse produit la persévérance, la persévérance la victoire… et l’espérance » (Romains 5:3-5). « Vous avez besoin de persévérance pour accomplir la volonté de Dieu » (Hébreux 10:36). Nous ne sommes pas appelés à être parfaits, mais fidèles. Fidèles dans l’épreuve. Fidèles dans la durée. Parce qu’au bout de la persévérance, il y a la vie pour nous, les disciples.

Philip Alcock

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