Au cœur de l’histoire humaine se trouve une scène d’une simplicité déconcertante : un enfant couché dans une mangeoire, à Bethléem. Pourtant, cette naissance marque un tournant décisif. En Jésus-Christ, l’espérance prend chair et l’histoire s’oriente vers un dessein nouveau. Celui qui naît dans le dénuement n’est pas venu fonder une dynastie terrestre ni assurer une descendance biologique, mais inaugurer une humanité renouvelée. Cette humanité porte un nom : l’Église.
Certains récits contemporains ont tenté de prêter à Jésus une vie affective cachée ou une lignée secrète. Or, ni les Évangiles ni les sources historiques sérieuses ne soutiennent de telles affirmations. Le célibat volontaire de Jésus, évoqué en Matthieu 19, s’inscrit dans une logique spirituelle : tout en lui est orienté vers le Royaume des cieux. Sa postérité n’est pas charnelle, mais spirituelle. Elle s’exprime par la naissance d’un peuple nouveau, rassemblé autour de sa personne.
Les Évangiles témoignent cependant de relations profondes et authentiques, notamment avec le disciple désigné comme « celui que Jésus aimait ». Cette expression souligne la place centrale de l’amitié dans l’expérience chrétienne. Jésus ne se contente pas d’appeler ses disciples serviteurs ; il les appelle amis. Cette relation personnelle et vivante demeure une réalité pour tous ceux qui se confient en lui.
Mais Jésus est plus qu’un ami : il est aussi présenté comme l’Époux. L’apôtre Paul affirme que l’amour du Christ pour l’Église est comparable à celui d’un époux qui se donne entièrement pour son épouse. L’Église n’est donc pas une institution secondaire, mais l’objet même de l’amour rédempteur de Dieu. Elle est appelée à être purifiée, sanctifiée et rendue glorieuse.
Jésus se présente également comme l’architecte et le maître d’œuvre de cette œuvre vivante. Il déclare : « Je bâtirai mon Église », affirmant que rien ne pourra finalement s’opposer à son projet. L’Église universelle se manifeste concrètement dans les églises locales, lieux où l’Épouse est préparée, façonnée et affermie. Ces communautés sont appelées à être des espaces de croissance spirituelle, de transformation du caractère et d’apprentissage de l’amour vécu dans la vérité, la repentance et la persévérance.
Enfin, tandis que les croyants participent à l’édification de la Maison de Dieu ici-bas, Jésus poursuit son œuvre en préparant une demeure éternelle. La foi chrétienne s’inscrit ainsi dans une dynamique active, tournée à la fois vers l’engagement présent et l’espérance d’une cité aux fondations inébranlables, dont Dieu est l’architecte et le constructeur.
Robert Héris